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Moi, déprimée et annéantie par l'accouchement




... et prête à tout accepter pour faire sortir le bébé : péridurale, ventouse, forceps et césarienne off course. C'est pour le bien du bébé, je suis nulle, je n'arriverai jamais à le faire sortir car je n'ai plus aucunes forces...


                                                                                          

L'accouchement est définit en 3 étapes :

- la dilatation (du col) ou travail,
- l'expulsion (du bébé),
- la délivrance (du placenta).

Voilà c'est ce qu'on vous apprend lors de la préparation à la naissance. 
Apparemment les sages femmes formées ne connaissent réellement que ça. 

Hors il y a une autre phase hyper importante : la désespérance.

Cette phase est dû à la chute hormonale précédent l'expulsion du bébé, et entraînant une chute du moral de la future maman !
En trouvant cela j'ai enfin pu mettre un mot sur mon vécu de mon second accouchement.

J'ai eu la péridurale parce que je n'arrivais pas à pousser car j'étais vidée de toutes mes forces. 
Ça c'est ce que j'ai pensé jusqu'à il y a quelques jours, où j'ai appris l'existence de cette phase. 
Maintenant en ayant analysé de plus près ces derniers instants de mon accouchement, j'y vois encore plus clair :

J'ai maîtrisé toutes mes contractions pendant 12 heures. Arrivé à ce terme, la poche des eaux s'est rompue et là la sage femme a voulu que je commence à pousser, car 'il est temps qu'il sorte'.
J'ai essayé, et voyant que mes efforts, dans n'importe quelle position n'avançait pas grand chose au travail, des idées noires et déprimantes sont arrivées : "tu n'a plus la force, tu n'y arrivera pas..."

Je n'avais aucune envie de pousser. 

C'est la sage femme qui a décidé qu'il fallait que je pousse. Quand je lui ai demandé comment on sait qu'on veut pousser et qu'elle m'a expliqué qu'on ressent une envie d'aller à la selle, j'ai réalisé que je ne le ressentais aucunement. Mais j'ai quand même voulu essayer de pousser. Évidement face à cet échec j'étais en proie au découragement et ma confiance en moi à diminuée.

C'est alors qu'elle m'a chuchoté : "vous savez vous pouvez avoir la péridurale ça pourrait vous aider et puis si vraiment vous n'y arrivez pas on utilisera les forceps, mais ne vous inquiétez pas vous ne sentirez rien car vous serez sous l'effet de la péri."

Je me suis laissée convaincre, car je pensais fermement que je n'y arriverai jamais à faire sortir mon fils, que j'étais nulle, que les heures et les heures passées à maîtriser mes contractions m'avaient vidées de toute la force que je possédais : il me fallait donc dormir grâce à la péridurale pour retrouver mes forces et pouvoir pousser.


J'ai eu des envies de pousser par la suite, j'ai essayé tans que j'ai pu mais rien. Et puis la sage femme me disais que le bébé avait l'air mal tourné...
J'ai eu la péridurale et j'ai dormi 2 heures et ensuite à mon réveil la nouvelle sage femme a retourné mon fils puis j'ai poussé efficacement et mis au monde mon bébé par voix basse sans instruments ni déchirements.

Maintenant avec le recul et la connaissance, voici ce qui s'est réellement passé :


Lors d'une contraction je sentais mon fils descendre, la sage femme m'a dit : on fait une auscultation, je me met donc sur le lit en position gynécologique et là splaff !! La poche des eaux se romps, et je sens de nouveau mon fils bouger très fort... et puis je ne l'ai plus senti du tout. Je n'ai plus senti du tout de contractions ou autres douleurs pendant 5 bonnes minutes.
C'est pendant ces 5 minutes que la sage femme m'a fait poussé... en étant allongée sur le côté, puis sur le dos, et ensuite à genoux où là c'était un supplice : je n'ai par la suite plus eu envie de me mettre en mouvement.


Erreur n° 1 : accepter de pousser quand on n'en a pas envie = ça vous brouille le moral si aucuns résultats ne se fait, et vous perdez en confiance en vous, même si la sage femme vous fait un grand sourire pour vous inciter à le faire. Si le bébé n'est pas en danger de mort, si vous avez pleinement conscience de votre corps et si vous voulez accoucher par vos propres moyens, vous avez le droit de dire non et que vous ne ressentez pas l'envie de pousser pour le moment.


Erreur n°2 : rester allongée pour pousser alors que toute la dilatation s'est faite en mouvement
mon fils n'a pas pu finir de bien se positionner, il est resté en mauvaise position ! Donc forcément cela équivalait à pousser une montagne pour la déplacer.
Vu que sur un lit on y est mieux... le corps a beaucoup de mal à se remettre en mouvement par la suite.. pour moi ça a été impossible !




Un extrait d'un récit trouvé sur le net, qui parle de cette phase, mais en version opposée !


"Et puis, petit à petit, effectivement, le besoin de bouger se fait sentir (et en plus, je me souviens l’avoir lu : la SF est souvent de bon conseil !)

Je me redresse avec difficulté et je me retrouve sur les genoux, face au Papillon, accrochée à ses épaules.

Et là, plus rien. Je ne ressens plus aucune douleur, je me sens en pleine forme, complètement en dehors d’un quelconque accouchement… j’aurais même envie d’aller piquer un 100 mètres ! J’éclate de rire en disant « Je n’ai plus mal, je ne sens plus rien ! » en regardant tour à tour le Papillon et la SF. Le Papillon, ça ne le fait pas trop rire, il se demande bien ce qu’il se passe. La SF rigole.

Ce petit moment de grâce ne dure pas longtemps… c’était en fait une petite pause avant le « grand saut » ! Certaines femmes passent par une phase de désespérance, pour moi, c’était un petit moment de lâcher-prise complet !!

La réalité me rattrape, le bébé est bien descendu et il va bientôt faire sa sortie. C’est ce que me glisse doucement à l’oreille la SF « Il va falloir le laisser sortir… ». Je n’ai pas l’impression de bloquer, mais à l’entendre, je pense à toutes ces femmes qui sont en train d’accoucher, en même temps que moi, à travers le monde. Si elles y arrivent, moi aussi je peux le faire !

Je m’ouvre à ce passage pour mon bébé, je le sens descendre à travers mon corps, wow, c’est plus qu’intense !!

La douleur est immense, mais je sais qu’elle est là pour que mon bébé puisse naître. Je m’appuie autant que je peux sur le Papillon.

La SF me dit qu’on sent les cheveux, j’arrive à glisser ma main et je sens moi aussi ces petits cheveux mouillés ! On y est presque…
Je ne pousse pas vraiment, je laisse ce bébé descendre encore plus, faire son passage. Et puis, hop, la tête est passée et puis son corps. Ca y est, le bébé est né !! "




Quel que soit votre état d'esprit lors de votre accouchement, si vous n'avez pas recours à la péridurale, cette phase est un passage obligé. Parlez en à votre accompagnant pour qu'il ne soit pas désemparé face à vos réactions émotionnelles et comme il vous connait, il saura quoi faire pour vous aider à rester positive et motivée jusqu'au bout ! 
Commencez à vous préparer pour transformer ce moment de désespérance en moment de lâcher prise !



Moi si j'avais vu cette vidéo, j'aurai repris du poil de bête !!



                                                                                                              


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